L’art de la résilience ou comment renaître après un traumatisme?

“Ca en vaut la peine”

On entend souvent parler de résilience, et pour cause, 1 personne sur 2 connait au cours de sa vie un ou plusieurs “orages de la vie”.

Commençons par proposer une définition simple de la résilience : c’est la reprise d’un nouveau départ à la suite d’un traumatisme.

Il y a lieu de distinguer 2 types de traumas :

  • aigü (accident, agression, guerre, faillite, catastrophe naturelle, décès, maladie, …);
  • chronique (violence conjugale ou familiale, insultes régulières, harcèlement au travail, à l’école, …).

Il est intéressant également de distinguer la peur et l’angoisse. Cela permet d’analyser plus aisément l’origine du mal-être.

La peur est déclenchée par un objet (p.ex. : animal, orage, ascenseur,…) : on peut donc y faire face et la combattre, attendre sans bouger ou s’en fuir (réflexes archaïques contrôlés par notre cerveau reptilien).

L’angoisse quant à elle ne peut être représentée clairement. Il s’agit plutôt d’une sensation diffuse de mal-être dont on ne connaît pas vraiment l’origine. Cette impression de danger latent est permanente (p. ex. : foule, mort, …).

 

A la suite d’un traumatisme, deux options s’offrent à nous :

  • rester bloqué sur cet événement, le ressasser en boucle, le revivre continuellement, ce qui conduit inévitablement à un syndrome post-traumatique important;
  • opter pour la résilience, se battre pour renaître, non pas en oubliant le traumatisme vécu, mais en s’en servant comme d’un levier ou tremplin.

 

Comment faire pour déclencher le processus de résilience?

Dans cet article, nous vous proposons 3 étapes vous permettant de mettre en route le mécanisme de résilience.

 

Faites une pause, prenez du recul.

Cela vous permettra une conscientisation, une sorte de photographie instantanée, un état des lieux. Que se passe t’il en moi et autour de moi ? Quels sont les facteurs de protection et leviers que je peux actionner ? Quels sont les éléments de vulnérabilité dans ma vie ?

1. L’AFFECTION

La résilience et la solitude sont incompatibles.

Se recroqueviller sur soi lorsque l’on va mal et rester seul avec sa souffrance est le meilleur moyen de ne pas en sortir, voire d’aggraver la situation.

Trouvez cette/ces personne(s) qui pourront vous aider à vous ouvrir, à vous sécuriser.

Pour un jeune enfant, la mère va souvent jouer ce rôle. Un adolescent trouvera quant à lui plutôt un soutien extérieur à la cellule familiale.

L’adulte, quant à lui, pourra se tourner vers son conjoint, un ami proche, un groupe de parole, ou un thérapeute.

La stabilité affective (amitié, couple, groupe, …) est extrêmement importante.

L’humour est un excellent levier pour la résilience. Pouvoir plaisanter ou tourner en dérision l’origine de notre mal-être est un indicateur certain que le processus est enclanché, et bien enclanché.

Petite parenthèse au sujet de la parole qui peut être parlée (effet sécurisant de l’interaction, phrases formulées dans l’attente d’un retour,…) ou écrite (intériorisation, introspection, conscientisation).

Dans les 2 cas, il y a modification du point de vue : on ne change pas les faits, mais on en change la perception.

Gardez à l’esprit que votre estime pour le regard de l’autre est important tant que vous ne négligez pas votre propre ressenti ou vécu.

Ne surestimez pas l’avis des personnes extérieures. Le regard qu’ils portent sur vous, l’aide qu’ils peuvent vous apporter est toujours en fonction de leur vécu personnel, qui diffère inévitablement du vôtre.

 

2. LA REFLEXION

Le but n’est ici pas de ressasser, se lamenter ou trouver un bouc-émissaire, mais vraiment de faire un bilan interne, actuel et clair.

Prenez le temps de réguler vos émotions, notamment au moyen de la méditation, du yoga ou d’exercices de respiration.

La cohérence cardiaque peut vraiment se révéler très bénéfique pour notre santé mentale et notre conscientisation, notre recentrage en toute bienveillance et douceur.

S’entrainer à réfléchir en terme de développement de soi est primordial.

 

3. L’ACTION

Dans les facteurs de protection, on peut par exemple envisager :

  • le sport;
  • la lecture;
  • l’écriture;
  • l’art;
  • les vacances;
  • le travail (attention de ne pas tomber dans l’excès au risque de déclencher un burn-out);
  • l’ouverture à de nouvelles disciplines;
  • l’intégration à un groupe;

Saviez-vous que lorsque vous vous mettez physiquement en marche vers votre club de sport, vers la librairie où vous allez acheter le livre que vous désirez, … votre cerveau libère déjà des endorphines ?

Aussi appelées “hormones du bonheur”, les endorphines ont plusieurs actions bénéfiques sur l’organisme, parmi lesquelles :

  • Un pouvoir antalgique: elles agissent de façon identique à la morphine en se fixant sur des récepteurs spécifiques qui bloquent la transmission des signaux douloureux et réduisent la sensation de douleur.
  • Un effet anxiolytique : en réduisant le stress de façon conséquente, notamment par le contrôle de la respiration, pouvant provoquer le sommeil.

Lorsque la production d’endorphines s’intensifie, elle permet à l’organisme de garder son équilibre et son bien-être.

 

 

Rappelez vous que pour prendre soin de vous de la meilleure manière qui soit, ne mettez pas la barre trop haut, trop vite.

Le 100% n’existe pas, le perfectionnisme à l’extrême conduit à l’épuisement.

Sachez que si l’on réfléchit et que l’on s’engage, notre évolution sera douce mais surtout durable.

Souvenez vous de l’expression “Ca vaut la peine“.

Oui, c’est difficile, oui la difficulté/le trauma existe.

Oui le renouveau est à votre portée, oui, le meilleur reste à venir …

 

 

Article inspiré par les ouvrages de B. Cyrulnik

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